Friday, July 21, 2006

La stratégie israélienne contre le Liban

La stratégie israélienne contre le Liban
Marie NASSIF-DEBS


La stratégie des deux gouvernements d'Israël et des Etats-Unis s'est éclairée d'un jour nouveau, au début de la deuxième semaine de l'agression généralisée menée contre le Liban et son peuple, depuis la frontière Nord du pays et jusqu'au Sud détruit presque complètement.
En effet, l'alibi avancé, le 12 juin, et reposant sur la "libération des deux soldats- otages" a disparu tout d'un coup pour laisser la place à des déclarations concernant la nécessité, pour le Liban, de mettre fin à la présence du Hezboullah, mais aussi de "changer de peau" sur tous les plans mais surtout de se transformer en un Etat- satellite n'ayant aucune possibilité, militaire ou économique, de porter atteinte à Israël ou de gêner ses projets ou ceux des Etats-Unis dans la région arabe tout entière. Voilà ce que nous pouvons conclure - rapidement, il est vrai - des différentes déclarations faites, durant les journées du lundi et du mardi, par différents ministres du gouvernement d'Ehoud Olmert, sans oublier le Premier ministre lui-même. Quels sont les points saillants de ces déclarations ? 1- Eradiquer "définitivement" la présence du Hezboullah, non pas seulement au Sud, mais sur le plan national ; non pas seulement sur le plan militaire, mais aussi sur le plan politique... Et, là, il faudra peut-être ajouter que même sort devra être fait à tous ceux qui, un jour ou l'autre, avaient combattu Israël. 2- Appliquer, ensuite et sans tarder, les autres clauses de la résolution 1559 ; en premier lieu celle concernant l'élection d'un nouveau président, autre qu'Emile Lahoud, non pas seulement parce que sa reconduction en 2005 était le fait de la présence syrienne au Liban, mais surtout parce qu'il s'est déclaré à plusieurs reprises l'ami de Hassan Nasrallah et le soutien inconditionnel de la "Résistance" contre Israël. 3- Désarmer les Palestiniens du Liban ; et cela englobe les armes en dehors et à l'intérieur des camps. Ce qui interdirait à ceux-ci toute possibilité de refuser le sort qu'Israël leur prépare ainsi qu'à d'autres de leurs concitoyens de Gaza (que l'on va dans le sens de vouloir refouler vers le Liban) et dans lequel n'existe pas "le droit au retour" (ni pour les uns et ni pour les autres).Pour exécuter une telle stratégie, plusieurs conditions s'imposent. Nous avons déjà évoqué, dans ce sens, le plan en trois points agréé par l'administration américaine et le G8 tout entier... Cependant, il reste d'autres clauses à remplir. Parmi elles, la destruction pure et simple de l'armée libanaise actuelle dont le gouvernement d'Olmert, tout en demandant la présence des forces de la "légalité" libanaise au Sud, refuse la présence près de ses frontières, parce qu'elle n'est pas une "garantie" pour l'avenir proche, même si elle ne s'est pas mêlée aux combats : c'est une armée "à majorité chiite", "endoctrinée" par Damas et toujours loyaliste à Lahoud. Voilà les raisons pour lesquelles les postes de l'armée furent bombardés, tant sur le littoral que dans les zones intérieures, bien qu'elle ne fut mêlée ni de près ni de loin à une seule riposte contre les agressions quotidiennes israéliennes. Tout cela veut dire que la guerre meurtrière menée contre le Liban n'est pas près de voir sa fin. Les violations militaires semant mort et destruction vont se poursuivre et s'intensifier, de même que la résistance ira se renforçant.
Marie NASSIF-DEBS
Marie Debs"
(Beyrouth, le 19 juillet 2006)

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