Saturday, July 15, 2006

Ce qu'ils veulent, c'est la tête du mouvement de la résistance


Ce qu'ils veulent, c'est la tête du mouvement de la résistance
Par Talal Salman
Talal Salman, As-Safir (Beirut), 14 Juillet 2006


C'est encore la guerre. Comme dans le passé, c'est une guerre israélienne en termes d'hommes et de matériel ; une guerre conjointe des Israéliens et des Américains en termes d'objectifs politiques avoués et implicites.
Nous devons nous préparer à une longue, amère, et coûteuse confrontation parce que le premier objectif de la guerre est de changer radicalement les règles du jeu au Liban, d'abord, puis en Palestine voisine, puis dans l'Etat voyou la Syrie et dans l'Iran rebelle.
L'affirmation que c'est une réponse à la capture réussie par des combattants du Hizbollah de deux soldats israéliens (dans le but de garantir la libération des prisonniers libanais qui languissent dans les prisons israéliennes depuis des décennies) n'est rien d'autre qu'une excuse.
La véritable raison de la guerre est la présence de la résistance, et puis son rôle influent, non seulement sur la politique libanaise, mais au niveau Arabe en général et au niveau palestinien en particulier.
Les vagues de cette résistance ont atteint l'Irak sous occupation américaine, où le sang de ses martyres donne la leçon inestimable que seule l'unité pourra nous apporter la libération. Les différends sectaires nous procureront seulement la partition et la fragmentation jusqu'à ce que la patrie disparaisse.
Le but de cette guerre est de libérer le Liban de la résistance qui a franchi des frontières et a de ce fait fourni l'excuse pour que le plan Américano- Israélien soit effectué dans sa totalité, par le recours à la mise en application de la résolution 1559 de l'ONU et par la pression pour son exécution à la lettre -- c'est-à-dire, traiter la résistance comme si c'était une milice armée qui doit être désarmée… comme une première étape nécessaire pour la repousser des frontières, au delà de la portée de ses missiles, et puis de remettre la tâche de garder la ligne bleue de la frontière aux forces du gouvernement libanais aidées par des troupes internationales.
Le Président américain George Bush a été aussi clair qu'il pouvait l'être quand il a dit qu'il voulait sauver le gouvernement de Siniora et la démocratie libanaise qu'il considère comme un accomplissement personnel, et le soutenir afin qu'il puisse reprendre le contrôle des affaires au Liban.
Et afin d'accomplir cet objectif américain, la résistance doit plier ses pancartes et se retirer de sa terre (Israel a déjà indiqué qu'elle devrait être repoussée à 20km des frontières) laissant la souveraineté, l'indépendance, et l'unité du Liban à l'attention protectrice de la résolution 1559 et des Forces de Défense Israéliennes -- qui sont bien connues pour leur engagement total et leur respect méticuleux de toutes les résolutions des Nations Unies.
C'est pourquoi les Israéliens, et ensuite les Américains, ont souligné ce qu'ils appellent la responsabilité du gouvernement libanais pour cette guerre et du besoin du Liban de prendre les affaires en main.
En d'autres termes, ils veulent mettre le gouvernement libanais en position de confrontation avec la résistance et transformer ainsi la guerre en conflit civil.
Pour rendre les choses plus faciles au gouvernement libanais, l'armée israélienne, avec son Armée de l'Air, sa Marine, et son artillerie à longue portée, a imposé un blocus au Liban, sur la terre, la mer, et dans le ciel. Ils ont arrêté l'aéroport de Beyrouth et les autres vieilles pistes d'atterrissage de Riyaq, Al-Qali'at, et Marfa'ah.
Ils ont systématiquement détruit le réseau de transmissions entre Beyrouth et la frontière méridionale, en faisant sauter des ponts et en lançant des incursions mortelles sur de nombreuses villes et villages qu'ils considèrent comme les bases arrière de la résistance.
Ainsi, c'est la guerre, avec toutes ses agonies, ses pertes humaines et culturelles, avec tous ses coûts lourds (y compris le départ des touristes et des vacanciers vers l'endroit d'où ils venaient).
Et alors il y a ce nouveau gouvernement israélien dirigé par un civil qui a besoin de se prouver qu'il est capable de fournir des victoires.
L'occasion qu'il recherchait est maintenant arrivée par laquelle il pourra se montrer digne de sa position élevée et prouver qu'il n'est pas moins capable que ces généraux qui l'ont précédé et qui ont tous établi leurs gloires en écrasant des ennemis en Palestine et autour.
L'objectif Américano- Israélien est commun. Et la guerre est une guerre commune des Américains et des Israéliens.
Ce qu'ils veulent, c'est la tête du mouvement de résistance, cet exemple réussi de capacité à gagner, dont le rayonnement atteint les quatre coins de la terre Arabe, et même au-delà de la proche région, dont la plupart sont Islamiques et recherchent également leur chemin vers le futur.
L'expérience a prouvé que tous les décrets d'Israël et de Washington n'ont pas toujours fini par réussir. Ce fût le Liban seul qui a fourni l'exemple dans ce contexte au moyen de sa fermeté et de sa capacité à obtenir la libération et à expulser une occupation.
Mais la condition pour le succès est de forger une unité nationale et une direction cohésive, une dont l'existence dépend de la capacité de la résistance à parvenir à la libération.
C'est guerre. L'ennemi l'a imposée. Mais le potentiel pour une fermeté est présent. La résistance est là, se confrontant à l'ennemi avec l'efficacité dans la laquelle nous avons confiance. Donc, soyons fermes.

Source : http://electronicintifada.net/ Traduction : MG pour ISM

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